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Manifestations lycéennes : la colère des parents

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John VILLION
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MessageSujet: Manifestations lycéennes : la colère des parents   Mer 16 Avr - 18:56

Les altercations entre parents exaspérés et lycéens bloqueurs vont grandissant.

Mardi matin, devant un lycée de Seine-et-Marne, le père d'une élève
interpelle un professeur qui en barre l'accès : «Laissez entrer ma
fille !» lui intime-t-il. «Il n'en est pas question !» s'entend-il
répondre. Divers noms d'oiseau fusent de part et d'autre. Dans
l'académie de Versailles, des parents s'en sont également pris «assez
vivement» à des lycéens bloqueurs, raconte un proviseur. Depuis
quelques jours, à l'entrée des lycées franciliens, les altercations
verbales entre parents progrève et antigrève ou entre parents et
lycéens vont grandissant. Certains sont intervenus pour tenter de lever
les blocages mis en place, d'autant plus que leurs enfants ont parfois
perdu une dizaine de jours de cours. «On n'en est pas encore au niveau
de ce qui pouvait se passer pendant les manifestations anti-CPE, lors
desquelles des parents ont pu en venir aux mains, mais on assiste à des
tensions sporadiques», observe un proviseur de Créteil. Une tendance
confirmée par le proviseur du lycée René-Cassin à Gonesse
(Val-d'Oise) : «L'agacement des parents va croissant.» Cet état
de fait n'étonne pas cette mère dont la fille est scolarisée au collège
parisien Pilatre-du-Rosier, bloqué dès huit heures du matin jeudi
dernier. «Ma fille n'a pas pu rentrer en cours. Elle a trouvé ça très
drôle de chanter devant son établissement : un pas en avant, un pas en
arrière, c'est la politique du gouvernement. Mais moi, ça ne m'a pas
fait pas rire du tout.» Surtout lorsqu'elle a reçu le lendemain une
demande de… justification d'absence de la part de la direction du
collège.

«Guide du parfait manifestant»


«C'est un comble», s'insurge cette mère qui constate par ailleurs, agacée,
qu'à la sortie des cours cette semaine, sa fille s'est vu remettre «le
guide du parfait manifestant». Détaillé, avec des «mots simples», le
fascicule explique comment organiser une assemblée générale dans son
lycée, se protéger contre les gaz lacrymogènes des CRS ou encore
comment se défendre en cas d'arrestation. «Une fois de plus, ce seront
les familles les plus modestes qui subiront les conséquences de ce
blocage. Les autres pourront toujours prendre des cours de soutien ou
mettre leurs enfants dans une école privée», observe-t-elle. Mère
de deux enfants de 18 ans et 15 ans, scolarisés au lycée parisien
Buffon, bloqué mardi , Sophie ne comprend pas quant à elle pourquoi les
élèves de classes préparatoires sont autorisés à entrer pour suivre les
cours mais pas les siens. «Pourquoi ne laisse-t-on pas travailler ceux
qui le souhaitent ? Ce n'est pourtant pas compliqué d'installer un
filtrage», s'interroge-t- elle. De nombreux établissements
parisiens ont fermé mardi pour des raisons de sécurité : l'existence de
groupes de jeunes circulant de lycée en lycée avec des intentions
hostiles et la crainte d'affrontements physiques entre élèves ont joué.
De son côté, Sophie a «formellement interdit» à son fils d'aller
manifester : «Je lui ai expliqué qu'il pouvait recevoir des coups et
que prendre du gaz lacrymogène dans les yeux n'avait rien d'agréable.» Autre cas de figure, au lycée Hector-Berlioz de Vincennes, où Corinne est
«vent debout contre ces fermetures de lycée deux fois par semaine».
D'autant plus que le mardi, jour de «manif» depuis un mois, est aussi
le jour où sa fille a normalement cours de français pour préparer le
bac. Si l'enseignante de français, conciliante, a promis de rattraper
les cours, une autre a engagé ses élèves à aller manifester devant le
rectorat. «Les manifestations lycéennes sont-elles devenues un rituel
auquel, nous parents, devrions nous résigner ?» interroge la Peep,
Fédération de parents classée à droite. «Nos adolescents ne peuvent
continuer d'embrasser des causes qui, si elles les concernent
directement, sont toujours de formidables leviers d'opposition
politique quel que soit le pouvoir en place. (…) Nous disons non aux
blocages et occupations d'établissements illégaux.» À l'inverse,
de nombreux parents membres de la FCPE, Fédération de parents d'élèves,
classée à gauche, hostile aux suppressions de postes d'enseignants, ont
grossi les rangs des manifestations lycéennes ces dernières semaines.
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